poitiers

Les actualités de Gérard Simmat

A la Samaritaine

Certains magasins de Poitiers portaient des noms comprenant le terme Paris ou Parisien, ne serait-ce que celui du magasin voisin dans la même rue « Au Petit Paris ».  D’autres pouvaient s’inspirer de grands noms de commerces de la capitale de la France. Il n’est pas sûr que Ernest Cognacq, bien qu’originaire de l’ile de Ré, le fameux créateur des grands magasins de la Samaritaine en 1900, soit par ce nom à l’origine de ce magasin de vêtements de la rue du Marché Notre-Dame à Poitiers. L’autre origine pourrait être dans l’église catholique, celui de Marie-Madeleine, la bonne samaritaine. En tout cas, comme le dira plus tard, dans les années 1960, le slogan publicitaire : on trouve tout à la Samaritaine !

Crédits

La Caisse d'Epargne en 1899

Beaucoup parmi les Poitevins les plus âgés se rappellent du bâtiment de la Caisse d’Epargne au n°15 rue Carnot. L’inauguration à cet endroit datait du 31 mai 1897. Auparavant, car la caisse fut ouverte le dimanche 3 janvier 1836, ses locaux se trouvaient à l’Echevinage, dans l’ancien Hôtel de Ville. Ils furent déplacés, en suivant les services municipaux, dans le nouvel Hôtel de Ville de la Place d’Armes, dont la construction se termina en 1874. Son premier directeur, nommé en 1935, fut M. Laurence, ancien maire de la ville. A cette époque, le nombre de caisses est de 227 à la fin de l’année 1836, dont celle de Poitiers. Certaines sont privées comme celle de Poitiers, d’autres sont municipales. Le n°15 rue Carnot est toujours présent, parfaitement restauré et a eu plusieurs occupants depuis le départ de la Caisse d’Épargne.

Crédits

La gare en 1899

La gare de Poitiers a gardé longtemps son cachet d’origine. Elle fut créée pour l’arrivée de la ligne de chemin de fer Paris-Poitiers via Tours, inaugurée en 1851. Ce fut sous l’égide de la compagnie Paris-Orléans (PO). A l’époque du cliché, en 1899, les tarifs sont ceux de 1892 : l’aller-retour sur la PO, pour une distance de 332 kms, est de 55 f 80 en 1ère classe, 40 f 15 en deuxième classe et 26 f 20 en troisième classe. Le chef des gares (Orléans et Etat) est alors M. Girault. Les horaires pour l’Orléans changent le 1er novembre en cette année 1899, pour la période d’hiver. Si au 20e siècle, la gare d’origine va perdre son auvent, ce sont surtout les bombardements alliés de la nuit du 12 au 13 juin 1944 qui entraineront une destruction partielle de la gare des voyageurs (et totale de celle des marchandises) et sa reconstruction en totalité en 1954.

Crédits

La quincaillerie Dechaume

Les quincailleries étaient légion dans la ville de Poitiers au début du 20e siècle, de la plus petite dans les faubourgs aux plus importantes au cœur de la ville historique. A cette époque, il y avait la maison Masteau frères (9 rue du Marché), Delétang (205 Grand’Rue), Durand (rue Carnot), Servant fils boulevard du Pont-Joubert) et surtout Lacroix, 9 et 11 rue Saint-Nicolas, successeur de M. Aubry-Maury « A la Ménagère ». Et donc, M. Dechaume « Aux Forges Françaises) au 22 et 24 rue de la Regratterie : quincaillerie pour le bâtiment et le ménage, outils de toutes sortes pour ateliers et amateurs, articles de caves et jardins, fourneaux, calorifères et lessiveuses. Contrairement à d’autres villes, Poitiers a perdu il y a longtemps maintenant sa dernière quincaillerie traditionnelle…

Crédits

Le 73 boulevard du Grand Cerf

Dans la première décennie du 20e siècle, chaque numéro du côté impair du boulevard du Grand Cerf était occupé soit par un café restaurant hôtel soit par un commerce traditionnel ou un artisan. A partir du n° 73, épicerie de P. Masson, on trouvait ainsi en remontant vers la gare : le boucher charcutier Duverger au n°75, l’épicier Alfred Marchand au n°77, l’épicier Delphin Bricheteau au n°79, le restaurateur Eugène Foussard et le coiffeur Caillebault fils au n°81, l’épicier et débitant Hippolyte Vadier et le cordonnier Fontès au n°83, le restaurateur Maurice Piqueux au n°85, le restaurateur Joseph Lainé au n°87, le coiffeur Octave Richard au n°89, le restaurateur Jean-Baptiste Fredonnet au n°91, le restaurateur et débitant de tabacs Ollivier Royer au n°93, le restaurateur et hôtelier Auguste Audidier au n°95, le restaurateur Jean Nicouleau et la boulangère veuve Bellin au n°97 et l’hôtelier et cafetier Charles Auzannet au n°99.

Crédits

Le bas de la rue Jean-Jaurès en 1900

S’il n’était visible le baptistère Saint-Jean, il serait impossible à un étranger, et sans doute à de nombreux jeunes poitevins, de reconnaitre le bas de la rue du Pont-Neuf (rue Jean-Jaurès de nos jours) en 1900. Sur la gauche, les numéros impairs avec : au n°1 les sœurs Hospitalières (et la clinique du même nom), au n°1bis  le jardinier Vachon, au n°3 le brasseur Guilleminot, au n°5 la Supérieur de l’Assomption, au n°7 le plâtrier Bonnet et le sabotier Audebert Porteau. Sur la droite, les numéros pairs avec : au n°2 les propriétaires René de Beaumont et de Contivron, au n°4 Person de Champoly, au n°6 et 8 pas de légende, au n°10 le conseiller à la Cour Blondet, au n°12 l’avocat Paul Robain, au n°14 M. Bernard et au n°16 Xavier d’Elloy. Dans l’ensemble, finalement,  peu de commerçants et d’artisans. Cela n’a guère changé !

Crédits

Le studio de Jane Rogeon

La célèbre photographe poitevine Jane Rogeon s’est mis à son compte en 1930, en reprenant le studio du n°20 rue Saint-Simplicien, créé à cet endroit en 1900 par son prédécesseur Jean Vatout. C’était la première femme photographe de la région possédant son propre studio photographique et une des deux premières en France avec une collègue de la région Nord. Au début des années 30, elle était en concurrence avec : les deux photographes de la rue Gambetta René Bezaud au n°29 et J. Chardone au n°62, les deux photographes de la rue Carnot J. Greffet, successeur de Maurice Couvrat au n°23 et 25 et J. Renouard au n°59, celui de la rue Jacques-de-Grailly, Victor Bellebeau, chez qui elle avait fait son apprentissage. Il y avait aussi Léon Rat au n°15 rue des Grandes-Ecoles, le studio Raymond, repris par son gendre Aomar Necer, au n°5 rue Magenta et enfin J. Remblier au n°33 rue Jules-Ferry.

Crédits

Place Montierneuf en 1900

La place Montierneuf à bien changé de nos jours, 113 ans après. Les maisons bordant l’entrée de l’allée menant à l’église Saint-Jean de Montierneuf, sont en partie reconnaissables. Sur la gauche, on trouve au n°23 la boulangerie de Modéré Rivault, puis au n°25 le ferblantier Chaussonneau, au n° 27 à l’intérieur de l’allée , au n°27 le concierge et ferblantier Meunier, le curé Chauvin et les vicaires Moine et Joulain, au n°29 l’abbé Belleville qui est l’aumônier de l’Hôpital Général tout proche et sur la droite du cliché, au n°31 le boulanger Charles Rivière, qui jouxte l’épicerie de Madame Hélène Gilard au n°33 (non visible sur le cliché). Une des particularités de cette place Montierneuf est la présence de deux coiffeurs : Léonce Falaise au n°5 et François Miquel au n°18.

Crédits

Poitiers en 1914

Une nouvelle chronique a démarré dans le quotidien Centre-Presse depuis le jeudi 2 janvier 2014 : Poitiers en 1914.

Ces chroniques sont écrites conjointement par Jean-Marie Augustin et Gérard Simmat sur une idée de ce dernier.

Le principe est simple et particulièrement original : faire revivre toute l'année 1914, semaine après semaine, en se basant sur les journaux poitevins de l'époque. C'est Jean-Marie Augustin qui écrit un article original, synthèse de la presse d'alors, tandsi que Gérard Simmat trouve les documents photographiques qui se rapprochent au maximum de ce texte.

Les résultats en sont souvent surprenants tant pour les mots que pour l'image !

Ces 52 chroniques de toute l'année 1914 sont inédites et savoureuses : elles mériteront d'être rassemblées dans un ouvrage spécifique pour lequel les discussions sont en cours. Nous vous tiendrons informés et temps et en heure.

Bonne lecture dans Centre-Presse : c'est simple, c'est chaque jeudi !

Poitiers en 1914 chronique du jeudi 2 janvier 2014

À la veille de la Première Guerre mondiale, Poitiers compte 41 500 habitants dont près de 60 % demeurent intra-muros. La ville n’a pas de grandes industries, mais il existe de nombreuses manufactures, fabriques et ateliers dans les domaines les plus variés : imprimerie, tannerie, bonneterie, brosserie, torréfaction du café, encaustique, lessive, cierges et bougies, préparation des duvets et des peaux d’oies blanches, etc. Le commerce est florissant. Les halles de la place Notre-Dame et celles du Marché Saint-Hilaire (rue Magenta) approvisionnent en viande, poissons, fruits et légumes. Les boutiques du centre-ville offrent un large choix de produits. Des grands magasins ont pignon sur rue : la Maison Vannier à l’angle de la rue des Cordeliers et de la rue du Marché,  Paris-Poitiers et les Nouvelles Galeries Parisiennes, sur la place d’Armes.

 

            Chef-lieu du département de la Vienne, Poitiers est le siège d’une cour d’appel et d’une académie à laquelle sont rattachées les facultés de droit, des lettres et des sciences, ainsi que l’école de médecine et de pharmacie. Le préfet de la Vienne est Charles Causel jusqu’au 28 février 1914, puis Antoine Marty qui demeure en place durant toute la guerre. Le maire de la ville est Gabriel Morain, radical-socialiste, qui aux dires d’un commissaire de police, bénéficie « d’une grande popularité auprès des classes laborieuses ; avec lui Poitiers traverse une ère de prospérité jamais égalée ». Dans la 1ère circonscription de Poitiers le député est Edgard de Montjou, appartenant à l’aile la plus conservatrice de la droite. Dans la 2e, le député est Raoul Péret qui siège à la Chambre dans le groupe de la Gauche radicale occupant en réalité le centre de l’hémicycle. Âgé de 34 ans, l’homme est promis à un brillant avenir, il est sous-secrétaire d’État à l’Intérieur, puis ministre du Commerce du 17 mars au 9 juin 1914. Les journaux locaux sont fortement politisés. Le Courrier de la Vienne défend l’ordre social et les valeurs traditionnelles, il est conservateur, royaliste, et proche des milieux catholiques. Le Journal de la Vienne, autrefois bonapartiste, est nationaliste. L’Avenir de la Vienne est l’organe de la gauche radicale, il est profondément républicain, attaché à la laïcité et même anticlérical. Le quotidien s’oppose en particulier à Mgr Louis Humbrecht, un Alsacien d’origine qui a été sacré évêque de Poitiers en 1911.

 

 

 

 

Crédits
Crédits
Crédits
Crédits

Tison en 1900

Tison et sa scierie

 Tout près des fameux bains Jouteau, se trouve le barrage du moulin des Cours, et en face la scierie de Tison. Pierre Mörch, récemment décédé, était le descendant direct du fondateur William Mörch. Ce fut, à la fin du 19e siècle et au début du 20e, une des plus importantes usines, traitant le bois, de la ville de Poitiers. Un terrible incendie, autour de la Première Guerre mondiale, entraina la fermeture définitive de l’entreprise. Le célèbre évêque du Congo, le poitevin Monseigneur Augouard, s’exclama devant sa cathédrale en planches de Brazzaville : « Enfoncée, la scierie de Tison ! ». Il ne manquait pas une occasion de rappeler son cher Poitiers…

 

 

Crédits

Gérard SIMMAT
18, rue Cornet
86000 Poitiers
Tél. : 05 49 88 73 77
Port. : 06 77 04 53 57
Fax.: 05 49 61 72 76
Envoyer un email
Crédits | Mentions légales